Juste la fin du monde, Xavier Dolan

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« Ce serait un simple après-midi en famille. Si ce n’était pas le dernier. » Signé Xavier Dolan, ce film ne raconte rien ou pas grand-chose mais est chargé d’émotion et de tension.

 

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Affiche du film. Source : Allociné

 

Le réalisateur

Xavier Dolan est un réalisateur, scénariste, acteur et producteur canadien de 27 ans. Il s’est fait connaître grâce à son premier long métrage J’ai tué ma mère. Il a déjà réalisé de nombreux films connus et reconnus dans le monde. Mommy a reçu le Prix du Jury au Festival international de Cannes en 2014 et le César du meilleur film étranger en 2015.

Juste la fin du monde est son dernier film, sorti en septembre 2016. Il fut également récompensé par le Grand Prix du Jury au Festival international de Cannes.

 

Synopsis

Louis est un auteur à succès de pièces de théâtre. Après 12 ans d’absence, il revient dans sa famille afin d’annoncer sa mort prochaine. Il va retrouver sa mère, son grand frère, sa petite sœur et sa belle-sœur. Tous sont, à leur manière, perturbés par son retour. Ce film nous montre leurs passions, leur humour et leurs rancœurs.

 

Un huis clos plein d’émotion

Ce film est adapté d’une pièce de théâtre de Jean-Luc Lagarce. Il l’a écrite en 1990 après avoir reçu une bourse Léonard de Vinci. L’auteur était alors atteint du sida. Le film est donc tourné en huis clos afin de respecter l’unité de lieu du théâtre. L’histoire se déroule dans la maison de Martine, la mère, afin d’accueillir Louis.

Les personnages ont du mal à s’exprimer, ne trouvent pas leurs mots. Le sentiment de malaise vécu par les protagonistes est ressenti par les spectateurs.

 

Des retrouvailles difficiles

Ces retrouvailles permettent à certains de se découvrir. D’autres se redécouvrent. Avec différents tête-à-têtes, chacun veut attirer l’attention de Louis.

Suzanne veut faire connaissance avec ce frère qu’elle n’a presque pas connu. Martine essaye d’en savoir un peu plus sur la vie de son fils. Catherine veut connaître l’homme qui porte le même nom que son fils et qu’elle n’a jamais vu. Antoine, quant à lui, refuse de se retrouver seul avec son frère et n’arrive pas vraiment à exprimer ce qu’il ressent.

Ces moments sont touchants. Chacun tente d’exprimer son ressenti sans y arriver. On sent une déception permanente. Cela crée une tension qui s’accentue au cours du film. L’atmosphère devient pesante car ils ont tous quelque chose à reprocher à Louis.

 

Le climax

La scène finale du film est l’apothéose de la violence et de la tension. Après avoir ri ou du moins souri pendant le film, le spectateur est surpris par cette scène inattendue. L’avenir des personnages et la fin de cette journée restent incertains. Louis n’a toujours pas réussi à annoncer à sa famille sa mort imminente.

 

Un film plein de contradictions

Des contradictions diverses

L’histoire oscille entre la comédie et le drame, la joie de se retrouver et la haine engendrée par le départ. Les personnages sont ambigus. On ne les aime pas mais on ne les déteste pas non plus. Les spectateurs se sentent proches d’eux, de ce qu’ils ressentent. Les scènes oniriques, introduites par des flashbacks, adoucissent le film.

Chacun des personnages semble en adoration devant Louis et sa réussite. Ils pensent que leurs maux sont causés par celui-ci et son départ de la maison.

 

Un amalgame de reproches

Antoine, l’aîné, a un terrible sentiment d’infériorité face à son frère. Catherine, la belle-sœur, pense que sa relation avec son mari est gâchée par les ressentiments qu’il a envers Louis. Martine, la mère, s’est sentie abandonnée et ne comprend pas pourquoi Louis a honte d’eux. Suzanne, la benjamine, est mal dans sa peau. Elle croit que son frère ne l’a jamais aimée car il n’a jamais voulu la connaître.

Louis, maladroit, n’arrive pas à leur parler et à les rassurer. Il s’isole donc plusieurs fois pour penser au passé lorsque tout allait bien.

 

Une esthétique particulière

Les plans

Les acteurs sont souvent filmés en gros plan et en plongée. Cela accentue les sentiments qui les accablent. De plus, les couleurs sont très jaunes pour donner une impression de chaleur. Cela alourdit l’ambiance comme pendant une journée d’été qui tourne à l'orage.


Gaspard Ulliel dans le rôle de Louis. Source : Allociné.

 

Les séquences

Les séquences sont souvent longues. Le spectateur attend un dénouement qui n’arrive jamais. À chaque fois la tentative de communication échoue. Ce schéma se répète de nombreuses fois pendant le film.

 

La musique

La musique utilisée détonne avec l’ambiance du film. Elle est joyeuse et festive. Ce sont les moments les plus légers du film. Elle introduit les moments de rêve ou les flashbacks.

 

Si vous souhaitez avoir un aperçu du film, n’hésitez pas à regarder la bande-annonce.

 

Rédactrice : Maria Martin

Correctrices : Julie Perrais, Lauren Hallouze, Perrine Guillon

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