CoBrA à Pont-Aven

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Hôtel Julia et l’Annexe ©Musée de Pont Aven

Depuis le mois dernier, une nouvelle exposition temporaire est presentée au Musée de Pont-Aven sur le mouvement artistique du groupe européen CoBrA. Ce dernier est un mot-valise reprenant les capitales Copenhague, Bruxelles et Amsterdam. En partenariat avec le Musée Tessé du Mans, l’exposition est visitable jusqu'au 10 juin.

Un Musée dans la Cité des Peintres.

Dans la deuxième moitié du 19e siècle, les peintres tels que Paul Gauguin, Paul Sérusier, Emile Bernard, se rendent l’été dans le village finistérien pour trouver l’inspiration. Ils sont nombreux à séjourner à l’hôtel Julia ou dans la pension Gloanec, en face. Depuis l’ouverture du musée en 1985, il se trouve dans l’ancien hôtel Julia. C’est un musée qui est né sans collection à proprement parler. Le collectionneur amateur de l’Ecole de Pont-Aven Samuel Josefowitz a souhaité faire don de sa collection d’ouvrages. A une condition : qu’un musée naisse dans le village. Le centre de ressource du musée porte d’ailleurs son nom. Par la suite, la première conservatrice en chef, Catherine Puget, effectue un travail de collecte auprès des habitants de la commune. Le but est de réunir des documents, ouvrages et œuvres pour alimenter la collection. Elle est aujourd’hui composée de 4500 œuvres. En 2016, le Musée de France a réouvert ses portes après trois ans de travaux. Aujourd’hui il a doublé son espace et les œuvres sont présentées sur trois niveaux.

Depuis sa réouverture, le Musée organise des expositions temporaires qui ont un lien, de près ou de loin, avec l’Ecole de Pont-Aven. Depuis le 10 mars 2018, c’est le mouvement CoBrA qui est à l’honneur.

 

Le groupe CoBrA

Le groupe s’est fondé officiellement à Paris le 8 novembre 1948. CoBrA regroupe des peintres mais aussi des poètes et des sculpteurs, jusqu’en 1951. Celui-ci est composé d’une trentaine de membres européens qui venaient principalement de Copenhague, Bruxelles et Amsterdam. Il est à l’origine une réaction contre les mouvements artistiques de l’époque. Les artistes revendiquent une entière liberté de création. C’est en cela qu’il s’apparente à l’École de Pont-Aven. C’est Paul Gauguin, qui disait que l’on pouvait tout oser en peinture. Cela a influencé ces artistes dans leur utilisation de la couleur qui est très spontanée.

Pour eux l’art doit être pratiqué par tout le monde et non seulement par des artistes connus et reconnus. Après avoir survécu la seconde guerre mondiale, l’envie de recommencer à zéro les animaient tous. Ils souhaitent alors revenir aux origines. C’est pour cela qu’ils sont intéressés par les arts premiers mais aussi à l’art crée par les enfants et les personnes avec un handicap mental. Toutes ces créations sont libérées des codes occidentaux, ce qui les intéressaient aussi.

Les artistes produisent d’œuvres individuelles ou en collaboration durant ces trois années. Ils réalisent aussi quelques expositions, dont une en 1949 au Stedelijk Museum d’Amsterdam cependant la réception est mitigée. Mais c’est un désaccord politique qui divise le groupe. D’un côté certains artistes, comme Christian Dotrement, pensent que l’art doit rester en dehors de la politique. De l’autre côté, comme Asger Jorn, ils sont de plus en plus intéressés par le communisme et le défendent via leurs œuvres.

C’est en novembre 1951 que le groupe organise leur exposition d’adieu. Le Palais des Beaux-Arts de Liège expose alors les œuvres des 35 artistes. Pour autant, les artistes continuent de produire des œuvres fidèles aux idées du groupe, même après sa dissolution.

 

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Exposition CoBrA au Stedeljik Museum (Schiedam, Pays-Bas) ©G. Lanting

« CoBrA, la couleur spontanée ».

L’exposition souhaite montrer que « l’esprit CoBrA » a continué au-delà de la rupture du groupe, sa dimension internationale ainsi que son interdisciplinarité. Elle consacre aussi une partie de l’exposition aux mots. Le groupe n’est pas exclusivement composé de peintres mais aussi de poètes. L’utilisation des mots est donc importante et certaines œuvres ont même été réalisation en collaboration. C’est le cas de Dentelles en foudre une « peinture-mot » réalisée par Asger Jorn, peintre danois, et Christian Dotremont, poète belge. Celle-ci est exposée au musée. Quelques revues comme CoBrA Journals et Reflex sont aussi exposées. C’est d’ailleurs à la fin du dixième numéro de CoBrA Journal que le groupe annonce la fin de leur collaboration.

Pour comprendre le groupe et son histoire, plusieurs activités sont proposées autour de l’exposition. Tels que des visites commentées pour adultes et enfants ainsi qu'une publication.

 

Rédactrice : Aela Tréguier

Correcteurs : Rodne Israël, Sarah Compagnon, Marjolaine Pereira, Noémie Gonnot