Ôboem, Quand l'art remplace la pub

Logo de la startup Ôboem.

©https://twitter.com/oboem_art

De nos jours, les rues sont saturées de publicités. Notre regard se pose quotidiennement sur des vingtaines d’entre elles. Pourquoi ne pas faire de la rue une galerie d’art à ciel ouvert ? Le collectif bordelais Ôboem s’est mobilisé dans ce but, pour remplacer les panneaux publicitaires par des œuvres d’arts.

Le concept

Les créateurs Marie Toni et Olivier Ross ont eu l’idée de ce concept lors d’un voyage à Valparaiso, au Chili où les rues sont couvertes de fresques et de peintures colorées. Le concept est plutôt simple finalement, mais la démarche est originale. Le collectif bordelais Ôboem, né en 2017 a eu l’idée d’organiser des campagnes de financement en ligne afin de collecter suffisamment d’argent pour racheter des espaces publicitaires. C’est donc par le biais du financement participatif que le collectif souhaite remplacer les publicités par des œuvres, et ainsi faire participer les citoyens désormais acteurs de l’aménagement visuel de leur ville. Cette initiative permet également de donner de la visibilité aux artistes et offre une exposition gratuite aux citadins. Le collectif désir véritablement remplacer les images consuméristes par des productions inspirantes.

 

 

Photographie d'un exemple réalisé à bordeaux, avec l'oeuvre Skyart Barcelone

De Thomas Lamadieu © Ôboem

Comment ça marche ?

Les campagnes de financement durent quarante-cinq jours. Parmi une sélection d’une vingtaine d’artistes, les internautes peuvent choisir l’œuvre qu’ils préfèrent. Toutes les œuvres pourront être affichées mais les plus populaires auront plus d’espace dédié. Lorsqu’un internaute à un coup de cœur pour une œuvre, il devient mécène en achetant une reproduction ou en participant sur la plateforme de financement. L’artiste pourra alors être exposé sur un panneau publicitaire. Lorsque la campagne est terminée Ôboem, calcule le montant obtenu dans le but d’acheter les espaces publicitaires. Ces espaces sont au format des abribus ou des panneaux lumineux individuels. La reproduction de l’œuvre est envoyée chez l’acheteur qui peut désormais l’exposer chez lui. Grâce aux mécènes la rue devient une galerie à ciel ouvert. La ville se transforme à l’image des citoyens et des artistes. Le slogan de la start-up est d’ailleurs « La ville est ce qu’on fait d’elle».

 

Icône représentant la charité

© Freepik 

La campagne #OBordeaux

La campagne effectuée à Bordeaux en Juin 2017 a fait office de lancement. Ce fut la grande première du collectif Ôboem. Pour investir les 150 panneaux du centre-ville le collectif avait calculé que la somme de 12 000 € serait nécessaire. Leur objectif était élevé. La campagne est effectuée travers la plateforme Ulule. Ils ont réussi à collecter 4 500 € avec 150 participants. Certains ont achetés des reproductions et d’autres ont fait des dons sans contreparties. Ces mécènes ont permis à 17 artistes d’être affichés à Bordeaux sur 70 panneaux publicitaires. Ces œuvres d’art furent exposées pendant deux semaines à la place de publicités.

Sur la plateforme Ulule, il est possible d’effectuer différents dons. Les dons peuvent varier de 5 € à plus de 100 €. Pour la première somme le mécène voit son nom apparaître dans la vidéo de remerciement. Pour 10 €, il est possible d’obtenir une carte postale surprise d’une œuvre d’un des artistes présentés. À partir de 30 € le mécène obtient un tote bag ainsi qu’une carte postale. Pour 60 € ou plus il obtient une œuvre numérotée et signée de l’artiste. Pour 100 € ou plus, le mécène reçoit une affiche originale exposée lors de la campagne précédente. D’autres échelons sont possibles et présents sur la plateforme. Avec ces contreparties le collectif Ôboem touche les mécènes possédants toutes types de bourses.

Cartes postales et totebag proposés en contreparties.  

©ulule.com/art-oboem

 

Le collectif communique également énormément à travers les réseaux sociaux pour annoncer où en est la campagne. Ces nouveaux médiums de communication permettent notamment de donner de la visibilité aux artistes et de toucher un public dynamique.

 

Et aujourd’hui ?

Dernièrement le collectif a lancé une campagne de financement pour pouvoir approfondir le projet. Entre le 4 et le 21 mars 2018, Ôboem a fait appel aux internautes pour récolter 5 000 € afin de financer du matériel d’impression. Ils ont finalement récolté en tout 6 721 €.

La start-up bordelaise à encore de beaux jours devant elle. Elle souhaite réellement se développer en effectuant des campagnes dans d’autres villes, mais également en embauchant des salariés et en effectuant la refonte de son site internet. Son objectif reste celui de démocratiser l’art en rendant accessible des œuvres gratuitement dans la rue. Et également de lutter contre les publicités consuméristes qui polluent visuellement nos villes.

A voir aussi : Un article sur l’initiative Outings project, qui fait sortir les œuvres classiques dans les rues, et transforme la ville en musée à ciel ouvert. Lien : https://www.radar.st/art/outings-project-le-projet-participatif-qui-transforme-la-rue-en-un-musee-a-ciel-ouvert

 

Rédactrice : Noémie Gonnot

Correcteurs : Guirec Zéo, Aela Tréguier, Rodne Israël