Keryado de ville en ville, À l'occasion du 70ème anniversaire de son rattachement à Lorient

 

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Affiche de l’exposition © Archives Ville de Lorient

L’exposition “Keryado de ville en ville” a été inaugurée à l’Hôtel Gabriel le 18 novembre 2017 et se termine le 13 mai 2018. Elle raconte son histoire particulière d'appartenance à Ploemeur, à Lorient mais aussi sa période de commune indépendante pendant quelques années. Elle raconte aussi la vie quotidienne des habitants et l’engagement de ce quartier sur le territoire.

 

Les origines de Keryado, son indépendance et son rattachement à Lorient

Keryado est un territoire rural de 460 hectares qui comprend plusieurs hameaux. À l'origine Keryado appartient à Ploemeur. En 1901 il se détache de Ploemeur pour devenir une commune indépendante. La raison de son indépendance est en partie due à son statut particulier qui comprend la création d’une section à laquelle est affectée un adjoint. Les habitants avaient réclamé plus d'autonomie en raison de son éloignement de plus de cinq kilomètres de la ville. On leur a octroyé une mairie annexe et une école. Avec ces antécédents mentionnés, l’adjoint spécial de Keryado demande la séparation de Keryado au maire de Ploemeur. Celui-ci est favorable, mais avec pour seule condition de se défaire de quelques hameaux et les attribuer à Ploemeur.

Keryado devient une commune par la loi du 18 avril 1901. Le conseil Général avait indiqué qu’il lui « aurait semblé plus naturel que Keryado soit annexé à la ville de Lorient » ...

Les discussions autour du rattachement de Keryado à Lorient débutent avant la 2nde guerre mondiale. Il faudra attendre 1947 pour voir Keryado rattaché à Lorient en tant que quartier. Ce rattachement est rendu possible avec pour condition de réaliser des projets de constructions, de maintenir la mairie et son personnel, mais également qu’il ait une juste représentation politique. C’est ainsi que le quartier conserve son autonomie administrative jusqu’en 1983.

 

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Vue de la mairie de Keryado en 1910 © Archives Ville de Lorient

L’avant-guerre et la reconstruction

En 1940, les allemands s’installent à Keryado. Par conséquent, la commune est touchée par les bombardements des alliés qui frappent Lorient. La commune de Keryado est évacuée et les services municipaux se replient d’abord à Caudan puis à PlouayAprès la libération la mairie est restituée à son endroit d’origine et sous la présidence de Jean Le Maux, l’un des principaux maires de Keryado.

Keryado a contribué à la construction du Grand Lorient après que la guerre ait détruite plus de 85% de la ville. En raison du manque de logements, il devient donc nécessaire de revoir les limites géographiques du territoire.Lorient double sa taille en rattachant non seulement Keryado, mais aussi les quartiers de Lanveur et de Kerfichant. C’est ainsi que Keryado est inscrit dans le plan d’urbanisme et de reconstruction de Lorient. Des bâtiments lorientais ont été reconstruits à Keryado.

A partir de 1960 Keryado change notamment de physionomie dû à la construction de logements et d'équipements prévus dans le plan d’urbanisme pour la reconstruction de Lorient. Il faut également signaler que ce plan d’urbanisation est toujours en cours, l’objectif étant d’aboutir ce projet urbain de reconstruction. Étant proche de la voie ferrée, Keryado est aussi doté d’une zone industrielle. La construction de zones d’habitations fait disparaître les terres agricoles qui occupaient alors 86% du territoire.

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Quartier Bois-du-Château de Keryado © Archives Ville de Lorient

La Paroisse de Keryado

En raison de l’éloignement de Ploemeur, les keryadins fréquentent la chapelle de Saint Armel, un petit bâtiment appelé aussi La Cabane. La grande concurrence a permis la fondation de l’Union Paroissial en 1925. Cette paroisse possède les mêmes limites que la commune de Keryado.

Avant la première guerre, un terrain est acheté par la paroisse pour donner une véritable église à la commune. Néanmoins c’est seulement à la fin de celle-ci que le recteur Basile Le Gal relance le projet. Il restera attentif par rapport à la construction jusqu’à ce qu’elle soit achevée et consacrée le 25 octobre 1931.

Pour anecdote, les années 30 sont marquées par des relations tendues entre le maire Jean le Maux et le recteur Basile Le Gal puisque ce premier s’oppose aux manifestations religieuses sur la voie publique.

 

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Chapelle Saint-Armel © Archives Ville de Lorient

La population de Keryado

Comme le dit le maire Jean Le Maux à la veille du rattachement, Keryado se caractérise particulièrement par « la solidarité générale qui existe dans sa population… »

Les activités culturelles sont omniprésentes dans cette commune, notamment lors de manifestations paroissiales. De même, des fêtes annuelles de commerçants et des fêtes patronales voient le jour grâce à un Comité de Fêtes.

Le sport est aussi très présent dans la vie des keryadins. On y trouve des associations sportives au sein même de la commune tel que la société de gymnastique et de préparation militaire, les Pompons Rouges de Keryado qui accueillent au début que des garçons. Pour les filles, il existe une association de théâtre « Les Pompons Blancs » à laquelle elles peuvent adhérer à partir de 1926.

Ces types d'évènements permettent de mettre en valeur la convivialité et le sentiment de fraternité entre les différents habitants.

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Habitants devant la Chapelle Saint-Armel © Archives Ville de Lorient

Pour la réalisation de cette exposition les archives de Lorient ont organisé une collecte dans le quartier de Keryado. De nombreux documents ont été prêtés par les habitants, ce qui montre une fois de plus la solidarité existante au sein de cette population, une mémoire toujours vivante et qui sera transmis aux futures générations.

C’est donc une exposition très intéressante à visiter, riche en histoire ainsi qu'en mémoire, qui permettra de mieux connaitre l'histoire du Lorient d'aujourd’hui.

Rédactrice : Fabiola Olivos

Correcteurs : Julie Perrais, Lauren Halouze et Alisson Lemière