Le Musée de l’ancienne abbaye de Landévennec aux temps des rois carolingiens

 

 

Affiche de l’exposition inaugurée le 2 mai

©Musée de l’ancienne abbaye de Landévennec

Le 2 mai 2018 est inaugurée la nouvelle exposition temporaire du Musée de l’ancienne abbaye de Landévennec, situé dans la commune de Landévennec, au sein de la presqu’île de Crozon (29). Intitulée « La Bretagne aux temps des rois, De Morvan à Alain le Grand (818-907) » et labellisée « 2018 : Année européenne du patrimoine », l’exposition se donne pour but de faire découvrir aux visiteurs une face oubliée, et parfois oblitérée, des vestiges de l’ancienne abbaye fondée par Saint Guénolé et de l’histoire de Bretagne.

  

Les vestiges de l’église abbatiale

©Musée de l’ancienne abbaye de Landévennec

 

De l’empire carolingien à la Révolution : des vestiges riches d’une histoire pluriséculaire

Les vestiges de l’ancienne abbaye de Landévennec, cœur du projet culturel, représentent un espace particulièrement riche en termes d’histoire et de culture. Les premières traces de vie érémitique sur le site dateraient, d’après les fouilles archéologiques, des alentours de 485. Les traces d’un premier oratoire de tradition iro-celte, apparemment fondé par Saint-Guénolé, ont ainsi été retrouvées. C’est au cours du VIIIe siècle que le site monastique s’agrandit pour devenir au IXe siècle un important centre de rayonnement spirituel et économique régional, porteur de l’esprit carolingien. En 818, en effet, l’abbé Matmonoc rencontre le petit fils de Charlemagne, Louis Le Pieux. Par ordre de l’empereur, les moines se défont des pratiques ascétiques de la tradition insulaire pour adopter la modération prescrite par la règle bénédictine instituée au concile d’Inden quelques années auparavant. Un siècle plus tard, en 913, l’abbaye est victime des raids vikings sur l’Aulne et la douzaine de moines est sommée de fuir vers l’intérieur du royaume, bardée de ces manuscrits enluminés qui firent et font encore sa renommée. Au cours de la seconde moitié du Xe siècle, les moines réinvestissent le monastère et le reconstruisent.

Représentation de Saint-Marc, issue d’un manuscrit produit à Landévennec

©abp.bzh

Le déclin pluriséculaire de l’abbaye s’amorce à compter du XVe siècle et les derniers moines de l’abbaye quittent l’enclos en 1792. Au cours du XIXe siècle, le site va littéralement changer d’usage par l’intermédiaire de ses 6 acquéreurs successifs : l’abbaye d’abord abandonnée, devient une carrière ou encore un site de fourneaux.

En 1950, les vestiges sont rachetés par la communauté religieuse de Kerbénéat (commune de Landerneau) et une nouvelle abbaye bénédictine voit le jour non loin du site entre 1950 et 1965.

Les vestiges de Landévennec au XIXe siècle d’après Félix Benoist

©Musée départemental breton

Une collection valorisée par un esprit scientifique

De 1978 à 2002, les vestiges font l’objet d’un vaste chantier de fouilles archéologiques, sous l’égide d’Annie Bardel (CNRS - Rennes II) et rejointe par la suite par l’archéologue Ronan Perennec. Le chantier d’une durée de 24 ans a permis de révéler près de 50 000 objets tels que des binocles, un jeu de billes, des spatules médicales, et également un nombre conséquent de squelettes adultes et enfants. Ces éléments constituent désormais la collection permanente du musée, lorsqu’ils ne sont pas institués en tant que matériels d’étude.

L’actuel musée est inauguré en juillet 1990 et intègre depuis le 1 janvier 2018 le Groupement d’Intérêt Public Musées de Territoire finistérien.

 

L’intérieur du musée

©Musée de l’ancienne abbaye de Landévennec

Le discours porté sur les vestiges de l’abbaye est un discours scientifique et pédagogique, lié à sa direction et sa gestion. Archéologie et histoire se mêlent dans le parcours muséographique permanent afin de présenter aux visiteurs l’histoire de la Bretagne à travers le prisme d’un lieu et de montrer que ce lieu, qui est un monastère, répond à des caractéristiques et règles spécifiques car religieuses, tout en ayant été une plateforme économique et culturelle, notamment au cours de l’époque carolingienne. Les expositions temporaires cherchent quant à elles à illustrer, ou simplement faire écho, aux interrogations actuelles : y sont ainsi abordées les thématiques de l’enfance, de l’altérité, de la différence, etc.

La Bretagne aux temps des rois : une mise à jour de l’histoire bretonne

L’exposition temporaire « La Bretagne aux temps des rois, de Morvan à Alain le Grand (818-909) » se tient du 2 mai au 4 novembre 2018. Elle se donne pour mission de présenter la Bretagne du Xe siècle sous un nouveau visage, loin des préjugés et suppositions de l’historiographie des XIXe et XXe siècles. Ainsi, la Bretagne avant d’être intégrée au Royaume de France en 1532, en fût également un, celui de rois aux noms parfois légendaires et pourtant bien réels : Morvan, Nominoë et enfin Salomon. L’exposition réunit une multitude d’objets, d’un scramasaxe aux fermoirs de manuscrits, eux-mêmes issus de plusieurs collections, allant de celle du Musée Dobrée à Nantes à celle, évidemment, du Musée de l’ancienne abbaye de Landévennec.

L’exposition développe, cette année, une mise en scène basée sur la vidéo et met en place des dispositifs ludiques permettant d’appréhender facilement le discours scientifique.

Pour en savoir plus sur …

Le Musée de l’ancienne abbaye de Landévennec 

Sur l’Empire carolingien et Charlemagne

Auteur : Guirec Zéo

Correctrices : Maria Martin, Audrey David, Fabiola Olivos.