Histoire des Musées

Louvre 2007 02 24 c

Ils fleurissent aujourd’hui dans toutes les régions et sur tous les continents, ces musées édifiés pour conserver, transmettre et mettre en valeur un certain patrimoine. Mais d’où viennent-ils ? Comment se sont-ils établis au cours du temps ?

Les musées sont issus d’un long processus de conservation et de collection qui trouve sa source dès l’Antiquité. Au fil des années le concept se précise et grandit, aboutissant finalement au musée tel qu’on le connaît aujourd’hui. Cette évolution est rythmée par certaines périodes capitales dans l’histoire des musées : l’Antiquité, la Renaissance, la Révolution Française et le XIXème siècle.

Les Musées dans l’Antiquité

C’est de cette période que le concept tire son nom. En grec, « mouseion » signifie « petite colline où séjournent les muses » et désigne à Athènes un temple dédié aux Muses.

En 280 avant notre ère, Ptolémée Ier fait construire en son palais d’Alexandrie le premier des musées connus. Ce lieu accueille alors la collection d’oeuvres d’art du roi mais est également voué à être un centre de recherches et d’études.

À Rome, les musées ne tardent pas à apparaître. Ils naissent dans un climat de guerre et de conquêtes. Les légions regagnent la Ville Éternelle auréolées de gloire et chargées de butin. Ce dernier est alors déposé dans des lieux publics et sur les forums avec un but politique bien précis : montrer à tous la suprématie de Rome.

La Renaissance des Musées

Ces premières ébauches de musées disparaissent en même temps que les empires qui les avaient conçues. Durant toute l’époque médiévale on conserve principalement les reliques. Les cathédrales en sont l’écrin et du musée on passe alors au mausolée.

 

C’est au XVIème siècle que reparaît l’idée du musée. Les collections sont à la mode et chaque érudit remplit son cabinet de curiosités d’objets rares et étranges.

Ainsi François Ier possède-t-il une importante collection d’oeuvres brésiliennes. Avec la redécouverte de l’art antique, on souhaite présenter ses collections à tous. A cette fin, les princes italiens édifient de nombreuses galeries qui préfigurent le concept de musée des arts. En 1521, Paul Jove expose une collection de quatre cents portraits dans un bâtiment construit spécialement à cet effet près de Côme. En référence au « museion » de l’Antiquité il baptise ce lieu « musée ». Partout en Europe on s’inspire de cette idée et les musées fleurissent. A Rome, les papes Jules II et Sixte IV mettent en place d’immenses musées au Capitole pour la présentation des collections artistiques du Vatican.

C’est par la suite en Angleterre que naît le premier musée de type moderne, à vocation éducative. C’est le cabinet de John Tradescant inauguré en 1683 par le futur Jacques II.

Du lieu de dépôt ou de collection, le musée est devenu promoteur de recherches historiques. C’est à la fin du XVIIIème siècle que s’accélère, en Europe, le long processus d’évolution des musées. La Révolution française y contribue de façon importante.

La révolution des musées

Ce sont les idées des Lumières et la Révolution Française qui vont bouleverser le rapport à l’art. La mission du musée n’est plus de présenter des oeuvres mais d’éduquer le peuple et de lui permettre d’accéder au Beau. En 1791, le Louvre est affecté « à la conservation des oeuvres des sciences et des arts ». En 1793, il devient « Muséum central des arts ». L’État met alors en place un budget pour créer des lieux de conservation du patrimoine commun. Ceux qui sont en charge de ces lieux sont missionnés pour former le goût du public, acquérir des oeuvres, les inventorier, les classer et les restaurer.

Les collections royales et nobiliaires étant devenues biens nationaux, l’État regorge d’oeuvres d’art et de collections. Napoléon fait donc créer par les municipalités, en 1800, quinze musées dans les grandes villes de l’empire. En 1815, le nombre de ces musées de province est doublé. C’est à ce moment que naissent les musées des Beaux Arts de Nantes, Bordeaux, Angers et bien d’autres. Ils sont créés dans le but de décharger les caves du Louvre où s’accumulaient jusqu’alors pléthore d’oeuvres.

                                                                                    

Durant tout le XIXème siècle, le champ des musées n’a de cesse de s’élargir. Il devient à la fois conservateur du passé et facteur de progrès. En effet, le musée devient aussi le lieu de consécration du talent des artistes vivants, et, par conséquent, se porte garant des valeurs artistiques.

A partir de 1837, Guizot et sa Commission des Monuments Historiques apportent leur pierre à l’édification des musées, donnant conscience à tous de l’importance du patrimoine.

Victime des remous politiques de la fin du XIXème et du XXème siècle, l’évolution des musées se fige dans le temps.

Les musées d’aujourd’hui

Bien que le musée du XIXème préfigure nettement le concept du musée moderne, il a tout de même été soumis à plusieurs changements. Ces derniers interviennent à partir des années 1950. A cette époque on épure les présentations muséales en isolant chaque objet et en veillant à leur mise en valeur visuelle.

Dans les années 1970 apparaissent de nouveaux types de musées : les musées ethnologiques et les écomusées. On cesse de vouloir "muséifier" les richesses des autres pays et l’on se penche plus particulièrement sur les richesses locales à transmettre.

A Paris, cette fin du XXème siècle est marquée par l’édification du centre Pompidou en 1977 ainsi que la création du musée d’Orsay entre autre.

Désormais, les musées répondent tous à un programme diversifié et complexe, alliant une multitude d’activités. Ils sont généralement à la fois espace d’exposition, centre de recherche et de restauration d’oeuvres.

De simples dépôts de collections, les musées se sont transformés en lieux à vocation didactique et sociale. Ils sont maintenant le cadre fréquent de manifestations culturelles dans une vision très large de la culture et volontairement ouverte à tous les publics.

 

Réactrice : Pauline Archambault de Vençay

Correctrices : Marine Viallaret, Ophélie Chauvin et Fernanda Germano Martins

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