Les monuments historiques

 

L'Hôtel Gabriel, situé dans l'Enclos du port à Lorient.

Source : http://www.galerielelieu.com/uncategorized/la-galerie-le-lieu-change-despace/

Sur la commune de Lorient quatre monuments sont protégés au titre de la loi sur les monuments historiques. Trois sont inscrits et un monument est classé : il s’agit de l’Hôtel Gabriel.

Quelle est la définition de monument historique ?

Un monument historique est un immeuble ou un objet mobilier recevant un statut juridique particulier. Il est protégé du fait de son intérêt historique, artistique, architectural, mais aussi technique ou scientifique. Il est également sauvegardé pour les générations à venir.

Historique

C’est véritablement au XIXe siècle que naît la nécessité de répertorier et de protéger les monuments historiques. En 1830, le ministre de l'Intérieur François Guizot crée le poste d'inspecteur des monuments historiques. La fonction est attribuée à Ludovic Vitet, puis par la suite à Prosper Mérimée en 1834. La mission de l'inspecteur des monuments historiques est de classer les édifices et de répartir les financements d'entretien et de restauration. La commission des monuments historiques est créée en 1837. Elle effectue un travail d'inventaire, de classement et d'attribution des crédits. Pendant les années 1920 et 1930, le classement s'ouvre au patrimoine privé. Après la Seconde Guerre mondiale la protection des monuments change d’échelle. Le 4 octobre 1962, André Malraux fait passer une loi sur les secteurs sauvegardés qui protège des quartiers de villes. Les monuments historiques s’ouvrent également à de nouvelles architectures plus contemporaines. La Tour Eiffel sera d’ailleurs classée deux ans plus tard.

André Malraux.

Source : http://tpe-culturepourtous.e-monsite.com/medias/images/malraux-2.jpg

 

Les critères d’attribution de la protection

Il existe six critères en tout. Il y a tout d’abord le caractère artistique et esthétique du site ou du monument. Le caractère pittoresque du lieu ; c’est-à-dire l’authenticité d’un lieu et l’émotion qu’il provoque, peut également être pris en compte. Un monument peut être protégé s’il possède une architecture particulière ou remarquable. La dimension historique ou archéologique peut également permettre un classement. Ensuite, le caractère légendaire d’un lieu auquel se rattache une tradition ou un folklore fait également partie des critères. Enfin le caractère naturel ; c’est-à-dire les richesses minérales, végétales ou animales qui composent un lieu, peut permettre sa protection.

 

Quel statut juridique ?

La protection au titre de monument historique est officialisée par un acte juridique : un arrêté d'inscription ou de classement. Le code du patrimoine régit ce classement.

Ces protections juridiques permettent aux propriétaires d’obtenir l'accompagnement technique, scientifique et financier du ministère de la culture.

Il existe deux niveaux de protection : classé et inscrit. Le classement est une protection d’intérêt national tandis que l’inscription est une protection d’intérêt régional. Après avis favorables de la Commission Régionale du Patrimoine et des Sites, de la Commission Nationale des Monuments Historiques et du propriétaire le classement peut être effectué suite à un arrêté du Ministre de la Culture. L’inscription, elle, est prononcée par arrêté du Préfet de Région et l’accord du propriétaire n’est pas nécessaire. Le propriétaire doit donc informer les différentes autorités pour la vente et toute intervention sur le bâti classé ou inscrit.

Le régime législatif des monuments historiques a connu de profondes évolutions ces dernières années. Le « propriétaire » d'un monument historique est désormais maître d'ouvrage des travaux qui y sont entrepris. Il doit définir les programmes des opérations d'entretien ou de restauration, et choisir les équipes que se chargeront de ces interventions. Le propriétaire a également la possibilité d’avoir des aides de l’Etat et des collectivités.

Il existe également un périmètre de protection des monuments historiques. Ce secteur s’applique autour de chaque édifice classé ou inscrit. Il s’étend sur un rayon de 500m autour du bâtiment. Pour tous travaux sur une maison privée au sein du périmètre il faut dès lors obtenir l’autorisation de l’Architecte des Bâtiments de France.

 

Quelques chiffres

Au 1er février 2015 : 43 600 immeubles sont protégés au titre des monuments historiques en France. Soit 14 100 classés et 29 500 inscrits. Et environ 300 000 objets mobiliers sont protégés. Plus de 135 000 classés et autour de 150 000 inscrits. Un tiers des monuments historiques relève de l'architecture domestique, 29,6 % sont des édifices religieux, et près de la moitié des propriétés privées.

Anecdote ; l’histoire du logo

Actuel logo signalant un monument historique.

(Source :http://www.larochecourbon.fr/sites/default/files/monument_historique_logo_fs.jpeg)

C’est le labyrinthe de la cathédrale de Reims qui a inspiré les graphistes pour concevoir le logotype destiné à signaler les monuments historiques. Il est officiellement présenté en 1985 par le ministère de la culture. Le logotype est d'abord réservé aux monuments historiques classés avant d'être étendu aux monuments inscrits. Le 22 septembre 1985, le ministre de la Culture Jack Lang inaugure la première plaque "monument historique" posée ce jour-là sur le Palais Royal.

Le Palais Royal, vu des colonnes de Buren.

(source : http://monumentsdeparis.net/content/palais-royal-paris.jpg)

La signification de ce dessin n’est pas totalement clarifiée. Fréquemment reproduit sur le dallage des nefs des grandes églises du Moyen Âge comme Chartres, Amiens ou Reims, il symbolise certainement la signature des maîtres d’œuvre. Le labyrinthe de Reims a aujourd'hui disparu depuis le XVIIIe siècle. Le clergé le fit détruire car les enfants s'amusaient à suivre les lignes pendant les offices. Son dessin est parvenu jusqu'à nous grâce à un recueil manuscrit du XVIe siècle conservé à la Bibliothèque Nationale.

Le logotype des monuments historiques fait également son apparition sur la signalisation routière dès les années 1980.

En février 1987 une note est créée sur la signalisation touristique et le nouvel idéogramme des monuments historiques est introduit. C’est celui que nous connaissons aujourd’hui. Les monuments historiques susceptibles d'être signalés doivent être inscrits ou classés, être ouverts aux visiteurs et également présenter un attrait culturel significatif.

Les monuments historiques et le numérique

Les monuments historiques se mettent également à la nouvelle technologie ! La Conciergerie a mis en place une nouvelle expérience de visite en décembre 2016 avec la tablette Histopad. Produit de la startup française Histovery, elle offre une lecture différente des lieux à travers la réalité augmentée. Le visiteur est plongé virtuellement dans l’histoire du monument. Ainsi à la Conciergerie le public peut observer la salle des Gens d’Armes sous Philippe le Bel au XIVe siècle. Ou encore la cellule de la reine Marie-Antoinette. La visite est également interactive avec notamment des jeux en famille comme une chasse au trésor. Cet outil numérique offre une lecture plus moderne et innovante des monuments historiques.

L'Histopad à la Conciergerie.

(Source : https://medias.monuments-nationaux.fr )

 

Rédactrice : Noémie Gonnot.

Correctrices : Lauren Halouze, Lenaïg Morin, Marjolaine Pereira.