Le Haras national d’Hennebont

 

Entrée principale du haras (écurie n°1)

Berceau du cheval de trait breton, le Haras national d’Hennebont élevait à l’origine des chevaux de guerre. Par la suite, l’activité du lieu a évolué pour devenir plus dense : reproduction d’étalons, club hippique, dressage, promenades en calèche, visites touristiques.

Écurie n°2

Qu’est-ce qu’un Haras national ?

Les Haras nationaux sont des établissements publics présents sur l’ensemble du territoire. À leur origine, ils ont pour vocation de fournir des chevaux de guerre. Petit à petit, cette mission est remplacée au profit de l’amélioration des races en proposant des étalons à la reproduction. En France, le plus ancien Haras national est celui du Pin, en Normandie.

Depuis quand existent-ils ?

Les Haras royaux

La naissance des Haras remonte au XVIIe siècle. À cette période, la France ne possède plus assez de chevaux sur son territoire pour la remonte des troupes, l’obligeant à en importer.

Jean-Baptiste Colbert, à la demande de Louis XIV en 1665, est chargé d’organiser des haras. Ainsi, l’arrêt du Conseil du Roi du 17 octobre 1665, crée l’administration des Haras nationaux, permettant de poser les bases des haras actuels. En 1715, le Haras du Pin, premier Haras royal, marque le début de leur développement en France.

Vue aérienne du Haras du Pin

Leur rôle, outre militaire, est de réglementer l’élevage de chevaux dans une période marquée par la dégradation des races nationales.

Seulement, l’abus de pouvoir et la corruption de certains gardes-étalons rendent cette institution impopulaire. En conséquence, lors de la Révolution française, le décret du 29 janvier 1790, supprime les haras ainsi que la réglementation concernant l’élevage.

Les Haras impériaux

Lors de sa campagne en Égypte, Napoléon Ier découvre une race chevaline : le pur-sang arabe. De retour en France, il reconstitue, le 4 juillet 1806, une administration des haras, la plaçant sous la tutelle du ministère de l’Intérieur.

Pur-sang Arabe

Dès lors, les Haras impériaux adoptent l’emblème de la tête de cheval de profil et de type arabisé.

Emblème des haras sous Napoléon Ier

Les Haras nationaux

Sous la Troisième République, le Maréchal de Mac-Mahon fait voter le 29 mai 1874 la loi essentielle des haras, dite loi Bocher. Celle-ci institue les Haras nationaux, rétablit l’École nationale des Haras et réorganise l’administration placée sous la tutelle du ministère de l’Agriculture.

Insigne des Haras après 1874

En outre, cette loi permet aussi l’organisation d’un corps d’officiers, la mise en place de circonscriptions, la fixation du nombre d’étalons nationaux et les crédits alloués à la production chevaline. Ce n’est qu’en 1999, qu’est créé l’Établissement Public Administratif « Les Haras nationaux ».

Évolution du logo des Haras

Le Haras national d’Hennebont : historique d’une institution

De Langonnet à Hennebont (1806-1921)

Le premier haras breton est installé dans l’ancienne abbaye cistercienne de Langonnet. Ainsi, ses compétences s’exercent dans le Morbihan et le Finistère. Mais rapidement, des problèmes se posent, notamment l’accès difficile au site, jugé peu propice au développement de l’élevage. Un échange de terres est rapidement envisagé. En 1857, la loi ratifiant l’échange entre l’abbaye d’Hennebont et celle de Langonnet est signée par Napoléon III et le haras est alors installé dans l’enclos de l’abbaye de la Joie.

Abbaye de la Joie à Hennebont

Après la venue de Napoléon III et de l’impératrice Eugénie pour l’inauguration du site, des travaux sont entrepris. Lors de sa venue, Napoléon III offrit au haras un tableau le représentant. Celui-ci est aujourd’hui encore conservé et exposé au Haras national d’Hennebont.

Tableau de Napoléon III

En 1921, le haras achète l’abbaye de la Joie, comprenant le logis abbatial, le bâtiment conventuel, la porterie et les dépendances, marquant la dernière étape d’agrandissement du site, d’une surface de 23 hectares.

Plan du dépôt d'Hennebont 1934

Un camp de prisonniers (1940)

Lors de la Seconde Guerre mondiale, le site est investi en camp de prisonniers, obligeant les étalons à rester dans les stations de monte. Une fois l’ensemble des prisonniers partis, un entrepôt de denrées alimentaires est installé dans les écuries.

À partir de 1943, les bombardements ravagent la région lorientaise et le site subit quelques destructions.

Le centre-ville après les bombardements

Un pôle en développement (dès 1960)

Après la guerre, le Haras d’Hennebont se tourne vers de nouvelles activités. Ainsi, en 1965, la Société Hippique Nationale voit le jour. Il s’agit d’une école d’équitation ouverte aux enfants et adultes jusqu’au galop 7 et à la compétition.

En 1979, l’arrivée de l’échographie permet au site de se développer davantage en faisant du haras, l’un des premiers en France à pratiquer l’insémination artificielle.

Un personnel

Le haras possède un corps hiérarchisé, en charge du fonctionnement du site. À la tête du dépôt, deux officiers : un directeur, secondé par un sous-directeur qui exerce aussi les fonctions d’agent comptable. Le vétérinaire, également officier, tient un registre de l’état sanitaire des étalons.

Le reste du personnel se compose de brigadiers et de palefreniers, chargés de l’entretien des étalons et de l’établissement.

Agent des Haras d'Hennebont 1955

Que devient le Haras national d’Hennebont ?

En 1999, Lorient Agglomération crée au sein du Haras un espace dédié à la valorisation des activités autour du cheval. Il s’agit de la première expérience muséographique au sein d’un Haras national, proposant la visite guidée du site, des animations et une programmation événementielle.

À l’été 2007, est créé le syndicat mixte du Haras national d’Hennebont composé de représentants du Conseil général du Morbihan, de la ville d’Hennebont, de la communauté d’agglomération du Pays de Lorient et de la région Bretagne. Il est chargé de l’entretien du site et du développement d’activités liées au tourisme, à la culture et à l’événementiel.

Affiches des spectacles 2017

Cependant, depuis quelques années, les frais engrangés par les haras ont été pointés du doigt. C’est pourquoi, pour de nombreux sites, un redéploiement de leurs activités a été nécessaire, entrainant leur vente.

Le Haras d’Hennebont a ainsi été racheté en 2016 par la ville d’Hennebont ainsi que par Lorient Agglomération. Cet achat a notamment été possible par la mise en place de projets visant à pérenniser la vocation équestre du site.

Vue aérienne du Haras d'Hennebont

Pour terminer, quelques Haras nationaux à visiter :

- Le Haras national du Pin

- Le Haras national de Lamballe

- Le Haras national du lion d’Angers

- Le Haras national de Cluny

- École du cadre noir de Saumur

Et bien d’autre encore à découvrir…


Rédactrice : Lauren Halouze

Correctrice : Julie Perrais

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